Où est la droite? 6 mai, 2009 de Jean-Luc Proulx (Note du blogueur : Avant de me lancer des tomates, lisez donc le billet au complet!)Dans un débat de société, il y a deux catégories de personnes. D’abord, il y a celles qui veulent gagner le débat à tout prix. Ces personnes, parce qu’elles veulent gagner, vont prouver leurs points en emmenant des chiffres, des citations d’auteurs, des argumentations philosophiques, des faits, des exemples, bref, ces personnes vont mettre de la chair autour de l’os.
Ensuite, il y a celles qui veulent avoir raison à tout prix. Ces personnes, parce qu’elles veulent avoir raison, vont répéter les dogmes de leur p’tit catéchisme idéologique ad nauseam jusqu’à ce que l’adversaire finisse par se tanner et par leur donner le débat.
Pour ces personnes, il n’y a rien qui puissent ébranler leur foi, pas même les chiffres assassins que peuvent leur sortir leurs adversaires pour leur prouver que leur position est intenable. Elles croient et c’est tout. Elles peuvent inonder les médias de leur «savoir» pour se persuader qu’elles ont raison, même si, techniquement, elles ont tort.
Les gens qui veulent gagner sont conditionnés par leur tête et ceux qui veulent avoir raison sont conditionnés par leurs émotions. Il est très rare qu’une personne puisse rentrer dans les deux catégories, normalement, c’est l’une ou l’autre.Dans un débat politique, celle qui veut gagner, c’est la droite, et celle qui veut avoir raison, c’est la gauche.
Dans ce billet, je vais parler de la droite et de la gauche au sens large en oubliant les différentes branches qui se rattachent à ces deux idéologies.
Je vais parler de la droite et de la gauche en général. La droite veut gagner, alors elle prouve ses paroles, mais elle ne veut pas avoir raison, alors elle se met en mode silence lorsqu’elle a la possibilité de contrer la gauche dans un débat, tout en restant dans son coin. Dans la blogosphère, il n’y a pas beaucoup de blogueurs de droite qui vont confronter la gauche sur ses blogues. Il y a bien des exceptions, comme moi, Tym Machine ou David Gagnon qui vont commenter à l’occasion sur les blogues de gauche, mais je vous demande d’être honnêtes avec moi : combien de blogueurs de droite voyez-vous commenter chez Louis Préfontaine ou chez L’Utopie, hein?
La gauche ne veut pas gagner, alors elle se base sur les émotions primaires de son lectorat et elle ne chiffre aucune de ses paroles, mais elle veut avoir raison, alors elle s’organise, elle prend le taureau par les cornes et ses adeptes se réunissent en collectifs et multiplient les sites sur la blogosphère pour battre la droite qui ne se défend pas, car tout ce qui intéresse la droite, c’est de gagner.
D’après vous, combien de blogueurs de gauche vont écornifler les blogues de droite incognito, hein? Salut Internationaliste! La gauche s’intéresse à la droite pour mieux noyer le Web et les médias qui lui donnent une tribune de ses émotions primaires, mais la droite ne concurrence pas avec la gauche quand on lui donne l’occasion de le faire.
Pendant que la gauche lance des boulets de canon sur la droite avec la complicité criminelle de nos médias, la droite se défend avec des rateaux, des fourches et des casseroles. Hé ho, c’est parce que c’est comme ça que les Russes ont été humiliés par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale! Sur le Web, en plus de différents blogues communs, la gauche a son répertoire de blogues, Reactionism Ouach, Presse-toi à gau-gauche!, l’ancien Un Homme en colère de Louis Préfontaine, Les 7 gau-gauchistes du Culbecistan et, depuis le 1er mai dernier, Voix de gau-gauche, etc., en plus des blogues de journaleux, comme celui de Richard Têtu et de Patrick Lagarce, et des blogues affiliés à des partis politiques, comme celui des Jeunes cocos du Culbecistan et celui de Mère Térésa David.
Que ce soit dans nos médias ou sur la scène politique ou sur la blogosphère, la gauche est très bien organisée et très bien outillée au Québec. Le Québec est presque le nirvana de la gauche en Amérique du Nord et les adeptes de cette idéologie sont trop stupides ou trop conditionnés par leurs émotions primaires pour s’en rendre compte.
À côté de la gauche, la droite a l’air d’une équipe de pee-wee qui vont jouer leur premier match de hockey à vie contre une équipe de hockey universitaire expérimentée. Pour complèter l’analogie sportive, le match est inégal et c’est sûr et certain que les pee-wee vont se faire torcher.
En passant, ces blogues de gauche ont le droit d'exister. Mais, j'attends de la droite qu'elle contre-attaque pour réfuter les allégations frauduleuses que l'on retrouve dans ces blogues. C'est ce que j'ai fait quand j'ai dénoncé les propos dangereux que l'on retrouve sur le Reactionism Ouach (ici et ici). Je l'ai fait et je le referais.
Sur le Web, en plus de différents blogues communs, la droite a son répertoire de blogues, son cyber-magasine et le blogue de ce cyber-magasine, Antagoniste.net, République de bananes et, mis à part le regroupement de blogueurs anti-gau-gauche de Philippe David, c’est pas mal tout.
Vu qu’il n’y a aucun parti de droite au Québec, il n’y a aucun blogue de droite qui est affilié à un parti de droite. Pour ce qui est des collectifs de droite, encore là, ça fait dur. Malgré leurs billets très intéressants, je ne considère pas Geloso/Breguet et Le Suburbain lucide comme étant des collectifs de droite, car, pour moi, un vrai collectif signifie la participation d’au moins 3-4 personnes qui bloguent régulièrement ou presque.
La gauche a ce genre de collectif, même qu’elle en a plusieurs, car elle a su opérer, et avec brio, la suite logique d’Un Homme en colère.La droite n’a pas ce genre de collectif. En fait, ce qui ressemble le plus à un collectif chez la droite, ce serait Les Bleus. Mais encore, Marc Nadeau a une bonne longueur d’avance sur ses co-blogueurs concernant le nombre de billets publiés.
Pour ce qui est de République de bananes, ce n’est pas un collectif de blogueurs, c’est un rassemblement de blogues de droite où on retrouve tous les billets que les auteurs de ces dits blogues publient sur leur blogue respectif et ces billets sont automatiquement publiés sur République de bananes grâce à un système informatique.
Ce projet sert plus à doter le Québec d’un média de droite sur le Web, plutôt qu’un collectif de blogueurs de droite. De plus, ce n’est même pas un blogueur de droite qui a pensé à ça, c’est Jean-François Plante, l’animateur de Radio XTRM.
Désolé de vous le dire de façon aussi crue, chers collègues blogueurs de droite, mais vous avez manqué le train. Vous vous êtes faits dépasser par un animateur de radio qui n’a jamais bloguer de sa vie, mais qui a quand même voulu vous donner une tribune sur le Web, parce que vous êtes trop lâches pour vous organiser convenablement pour vous battre à armes égales avec la gauche.
J’ai beau faire partie de Droitiste.com, mais ce n’est pas ça qui va me faire rendre aveugle sur les problèmes de la droite au Québec.
Le gros problème de la droite, c’est sa paresse et son incapacité à prendre le taureau par les cornes, d’aller au bat pour expliquer ses idées à un public le plus large possible et de jouer à armes égales avec la gauche. Nous ne sommes plus en 2007.
Nous ne pouvons plus rejoindre un public et lui expliquer nos idées en restant sur notre p’tit blogue individuel ou tout est beau pour nous. Nous sommes en 2009 et la gauche a compris que, pour rejoindre un public, l’union fait la force.
Vous pouvez cracher de la merde si vous le voulez, mais l’important c’est de rejoindre un public.La gauche a un excellent marketing, mais le contenu de ses idées a fait faillite. La droite a de bonnes idées et elle peut les expliquer convenablement en les chiffrant, comme le fait David Gagnon de Antagoniste.net, et en appellant à la Raison des gens, comme le fait principalement Martin Masse du Québécois libre et d’autres blogueurs de droite, mais le marketing de la droite est pourri.
La blogosphère a évolué. Ce n’est plus «MON blogue» et «JE blogue», comme c’était le cas en 2007. Avec le temps, ce credo s’est transformé pour devenir «NOTRE blogue» et «NOUS bloguons». La gauche l’a compris bien avant la droite.
Surtout, ne sous-estimez jamais la force des blogues! Aux élections fédérales de 2008, L’Utopie a réussi à aider l’inutile Mal de Bloc culbécois dans sa campagne de peur contre les conservateurs en créant un regroupement de blogueurs anti-Harper. Presque toute la blogosphère de gauche a embarqué dans son initiative. Aux élections québécoises de 2008, j’ai suivi son exemple en créant un regroupement de blogueurs anti-Charogne. À la fin des élections, il n’y avait même pas 10 blogueurs dans mon regroupement. Pourquoi? Parce que quand ça compte, les gauchistes se tiennent ensemble pour bloquer la droite aussi bien que les anglophones se tiennent ensemble aux élections et aux référendums pour bloquer «les maudits séparatisss à marde», alors que la droite est éparpillée un peu partout.La gauche a des idées suicidaires et la droite a les idées les plus innovatrices. La gauche est unie et la droite est divisée. Quelle ironie du sort! C’est triste et inacceptable. Plus que jamais, j’en suis venu à la conclusion qu’il faut un vrai collectif de droite dans la blogosphère politique québécoise.
Un collectif qui répondra à Voix de gau-gauche! Pour moi, ce collectif de gauche a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, car je me suis dit que la droite se doit de répondre lorsqu’elle est attaquée de toute part. C’est bien beau d’avoir l’instinct de gagner, mais il faut aussi avoir l’instinct d’avoir raison. L’heure est venue pour la droite de prendre ses responsabilités, de sortir de l’ombre et de répondre à la gauche et à ses attaques.
Par exemple, on le sait que c’est l’interventionnisme étatique, le dada de la gau-gauche, qui a créé la crise économique actuelle et la droite est capable de bien articuler cette explication (capacité de gagner), mais elle n’a pas l’audace de se créer un vrai espace médiatique pour pousser ses explications vers un plus grand public (capacité d’avoir raison).
Un collectif de droite (un vrai) sur la blogosphère est donc indispensable pour véhiculer ces idées dans un Québec sclérosé par la gau-gauche. L’autre jour, l’Ombudsman disait presque la même chose que moi :Alors qu’on essaie de nous faire croire que la nouvelle génération est une force parfaite de gauche qui rendra notre planète une sphère socialiste, dès que les plus vieux leur auront passé le flambeau, le blogue, lui, dément cette affirmation en étant une force qui réussi beaucoup au mouvement de droite en Amérique du Nord.
Au Québec, le top 15 des blogues politiques est composé de 9 blogues à tendance de droite (en date du 30 avril 2009). Alors que certains journalistes se réclament de la mort du blogue, je vois plutôt une réorganisation naturelle de la blogosphère vers la spécialisation des propos tenus et vers l’union entre blogueurs (LBII et moi-même, Geloso et Breguet, les quatre auteurs de “Les Bleus”…). La blogosphère est la preuve que le mouvement de droite possède une relève jeune, chose essentielle à tout mouvement idéologique. Ne comptez pas sur l’arrivée d’un National Post québécois pour sauver la diffusion des idées de droite au Québec! L’avenir n’appartient pas à ce média qui risque de disparaître dans un avenir rapproché. L’avenir des médias est la radio, la télévision et la blogosphère. À la radio, la droite québécoise a CHOI-FM, le FM 93,3, Radio XTRM et RadioPirate.
À la télévision, la droite québécoise risque très bientôt d’avoir TQS. Dans la blogosphère, la droite québécoise a République de bananes et plusieurs blogues, dont les deux fleurons sont Antagoniste.net et le blogue du Québécois libre, mais aucun vrai collectif (au moins 3-4 personnes qui bloguent régulièrement ou presque) pour concurrencer la gauche.Alors, mes chers amis blogueurs de droite, quand est-ce qu’on voudra gagner ET avoir raison, hein? À quand la création de Voix de droite, hein? Non, encore mieux : Voix de la liberté! Qui, parmi vous, aura le courage de lancer ce collectif, hein? Êtes-vous pour un tel collectif de droite, d’embarquer dans cette «réorganisation naturelle de la blogosphère», dixit l’Ombudsman, qui demande l’union des blogueurs et, ainsi, participer à l’essor de cette révolution libertarienne que le Québec a tant besoin pour son développement, hein? Filed Under: Aujourd'hui, Le Québec de demain
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