jeudi 16 février 2012

Dom Frappier

Réplique à Dominique Frappier
La charge de l’orignal épormyable
Louis CHAMPAGNETribune libre de Vigile
mercredi 15 février 2012     

J’ai fait bien du chagrin à Dominique Frappier dernièrement. Dans sa chronique (La dictature des mous) il m’invite à déguerpir et à fonder mon propre site si je ne suis pas content. Bernard Frappier avait pourtant expliqué que la Tribune libre le resterait.
Dominique ne serait plus d’accord. Je vais vous décevoir mon cher Dominique, je vais à mon tour vous poser quelques questions.
Si vous avez des dossiers sur Pauline Marois, son mari, son chauffeur, son chef de cabinet, ses enfants, ses cousins, auriez-vous l’obligeance de cesser de le clamer. Sortez-les ou taisez-vous. Nous pourrions en discuter et les apprécier si vous faisiez autre chose que de nous raconter avoir contre elle quelque chose de gros. Tout ce que vous réussissez à faire en ergotant ainsi, c’est nous convaincre que Vigile, au moins vous, étiez du complot contre elle. Je suis peut-être mou, mais il me tarde de voir les lapins sortir de votre chapeau. Si c’est de la même eau que ce que vos comparses ont déjà sorti sur l’île Bizard, je vous comprends de les cacher soigneusement. Et je maintiens que votre complot était au mieux une conjuration d’amateurs.
Vous voulez savoir ce que je pense du rôle du PQ dans l’aréna de Labeaume, de la gouvernance souverainiste, de l’immersion en sixième, du fétichisme référendaire, des Référendum d’Initiative Populaire et de la proportionnelle, que sais-je encore ? Vous n’avez qu’à lire Vigile, vous allez y trouver la plupart de mes positions à ces sujets sans peine. Vous me semblez bien meilleur pour me critiquer que pour me lire.
Je regrette bien sincèrement de ne pas vous avoir plus arrosé quand je me suis mouillé. Mais comme mes textes ne commençaient pas en demandant la démission de Mme Marois, vous ne les avez pas lus. Je ne prends pas position sur tous les dossiers, et je n’ai pas l’intention de le faire, je ne tiens pas de chroniques. Pas plus que je suis responsable de l’état du Québec en général.
D’ailleurs, si vous me lisiez, vous sauriez que j’emploie rarement les termes que vous me reprochez pour décrire la gauche, je les réserve plutôt aux pas fins fins, peu nombreux, qui y logent. Comme j’ai aussi d’autres épithètes pour la droite. On peut être de gauche et idiot, M. Frappier. Comme on peut être de gauche, indépendantiste et appuyer le NDP, le parti le plus centralisateur. Je ne vous demande pas ce que vous en pensez.
Mes textes sont disponibles sur Vigile dans la rubrique « Auteurs » sous la lettre C.
Je ne vous demande pas de justifier votre vie, pas plus que je n’ai à vous justifier la mienne. Mais je vais vous demander un service. Vous avez le droit de délirer sur Mme Marois, sur le PQ, sur moi, sur qui vous voudrez, et ce jusqu’à la fin des temps. Bien mieux, vous pouvez faire tout ça sans lire plus d’un de mes textes. Mais pourriez-vous au moins écrire clairement la politique de publication de Vigile.
Mes textes ont été censurés, je ne m’en suis pas plaint quand le webmestre l’a indiqué clairement. Je sais pourquoi il l’a fait, il ne voulait pas de débat sur un éminent vigilien. Mon article n’avait rien d’offensant, il rappelait un épisode peu glorieux du vigilien en question, et le webmestre avait clairement indiqué où il avait coupé. Mais il a fait bien pire. Il a retiré l’un de mes textes dans le cours d’une dispute entre RBG, Pierre Cloutier et moi-même quand Cloutier a associé notre nom à celui de Goebbels. RBG avait demandé que cette référence injustifiée et malhonnête soit enlevée.
En fait, le webmestre a retiré nos trois textes en commentaires. Il a clairement indiqué avoir retiré les textes de RBG et celui de Cloutier, il s’est excusé auprès de Cloutier, Dieu sait pourquoi, et il a aussi retiré mon texte, mais sans aucune mention de ce retrait, et il a avoué avoir perdu le contrôle !
A priori, je suis contre la censure, mais je n’ai pas de problème avec le fait de ne pas publier ou de couper un texte s’il viole les règles du site. Mais quand vous faites de la censure comme vous me l’avez fait, souffrez au moins que je le signale. Si vous n’êtes pas content de ma prose, qu’elle vous heurte au point de vous lancer dans le genre d’imprécations auxquelles vous vous livrez, que je mérite l’exclusion du site, écrivez clairement votre politique de publication, je m’y conformerai. Mais si vous dites que la Tribune libre est un lieu d’échange d’idées ouvert, alors agissez en conséquence. Je ne demande que la cohérence.
Vous m’affirmez avoir rencontré sur la rue des jeunes de seize ans qui ignoraient qui était Adolf Hitler, comme si j’en étais responsable, moi ou Pauline Marois. Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez à personne.
Je connais quelqu’un de majeur sur Vigile qui ne le connaît pas plus qu’eux et qui a laissé passer des articles utilisant la principale source antisémite d’Hitler. Je l’ai dénoncé, je crois que ça fait partie des obligations d’un lecteur attentif. Et j’ai ensuite défendu le site contre ceux qui le taxaient d’antisémitisme, deux ou trois textes d’un auteur ne font pas un site. Je n’ai pas de leçon à recevoir de vous à ce chapitre. Une politique claire de publication aurait évité ces dérives. Je suis désolé, mais j’appelle un chat un chat !
Vous ne croyez pas que le coup contre Duceppe vienne du NPD ? Tout pointe dans cette direction pourtant. Le premier à commenter la nouvelle fut J. Comartin, député néodémocrate, la nouvelle venait de journalistes de La Presse à Ottawa, le commentaire de Rhéal Mathieu à mon texte en donne d’autres preuves. Un pur et dur comme vous ne va sans doute pas croire qu’un parti de gauche pourrait faire ça. Vous pouvez continuer à nier l’évidence, drapé dans le drapeau de la gauche patriote d’on ne sait plus quel pays. C’est sans doute la nouvelle pureté. Je nous croyais pourtant débarrassé de ce fléau moralisateur.
Ça ne vous arrange pas que Mme Marois se faufile entre ses adversaires ? Vous refusez la dure loi de la politique. Après avoir mis tous vos œufs dans le panier de sa défaite, vous avez peur que votre panier finisse en omelette ? Allons, calmez-vous un peu. Vous n’avez nul besoin d’être hystériquement anti-Marois pour la critiquer, mais à force de l’être, de nier cette évidence, vous amochez votre crédibilité.
Vous avez bien entendu le droit de continuer à m’injurier tant que vous voudrez, mais pour maintenir votre crédibilité au-dessus du degré zéro, je vous le redemande, auriez-vous l’obligeance de me relire. Pas pour moi M. Frappier, pour vous et la crédibilité de votre site. C’est dans votre intérêt que je vous parle, si vous êtes capable de savoir où il se situe.
Je n’aime pas beaucoup parler de mes expériences passées, mais permettez-moi une exception. Comme président du syndicat des ingénieurs d’Hydro-Québec, j’ai négocié quelques conventions collectives dans ma vie. Et je peux vous affirmer que le pire négociateur est celui qui ne comprend pas son propre intérêt. Continuez à faire tout ce que vous pouvez pour détruire la crédibilité de Vigile, il y aura toujours des gens comme moi auxquels faire porter le chapeau.
Et pour conclure mon cher Dominique, si vous ne savez pas de quoi ou de qui vous parlez, cherchez, cherchez encore. Vous pourriez sans doute trouver un sujet où vos connaissances seront plus à jour. Si vous ne prenez pas le temps de me lire, limitez vos critiques au texte sous vos yeux. Il y avait là amplement matière à discussion.
Mais si vous décidez de vous lancer toute voile dehors contre moi, lisez-moi avant. Et si vous n’y trouvez pas matière à critique, évitez d’en inventer. Vous pouvez aussi sauter une semaine, vous feriez moins de tort à Vigile. Je ne veux surtout pas vous censurer M. Frappier, vous avez même le droit de m’inventer le personnage que vous souhaitez pour le mieux critiquer. Mais ne venez pas vous lamenter si votre crédibilité en sort amochée, les lecteurs de Vigile ont droit à autre chose qu’à du roman !
Et les lecteurs de Vigile ont le droit d’avoir accès aux répliques de la part des auteurs qui sont attaqués. Ce devrait être la première règle de fonctionnement d’une Tribune qui se dit libre mais qui l’est de moins en moins parce qu’elle continue à être une machine de propagande contre la personne de Pauline Marois.
Soit dit en passant, comme charge à fond de train contre Pauline Marois, votre long texte figurera dans une future anthologie. Ce sera là sa seule utilité.
Sans rancune
Louis Champagne