mercredi 14 mai 2008

Les fleurs d'André Pratte de la Presse

Il y a de ces chroniqueurs et éditorialistes comme ceux de la Presse qui selon le vent, les élections et les sondages jouent à qui perd gagne avec l’opinion publique. Dans le cas de la Presse, le jeu consiste à protéger toujours et avant tout le Parti Libéral : quand l’ADQ est trop fort La Presse s’organise pour envoyer quelques belles fleurs au PQ et le contraire si le PQ devient trop fort et menace le Parti Libéral.

Au mois de mars 2007, le Parti Libéral gagne et forme un gouvernement minoritaire et l’ADQ poussée par le vent de la droite prend le contrôle des banquettes de l’Opposition officielle.
Que fait La Presse ?
Tchéké bin : pour une rare fois, le chroniqueur-éditorialiste de ce journal ultra-fédéraliste remet les pendules à l’heure concernant Mme Marois nouvelle chef élue à la tête du PQ.
Pour ce faire, il ne peut écrire n’importe quoi. Pour une fois, il doit raconter la vérité historique.
La voici….

Le dos large, par André Pratte, en Éditorial - La Presse, mercredi 4 juillet 2007

«En politique, il y a malheureusement peu de place pour la nuance et l’élégance. On ne s’étonne donc pas d’entendre Jean Charest et Mario Dumont mettre sur le dos de Pauline Marois tous les problèmes qui persistent dans les réseaux de la santé et de l’éducation. Ces accusations n’en sont pas moins caricaturales et injustes.

« Les mises à la retraite dans le domaine de la santé, c’est Pauline Marois. La fermeture dans les facultés de médecine et de sciences infirmières, c’est Pauline Marois », a soutenu le premier ministre.
Pourtant, on ne peut blâmer Mme Marois pour les retraites anticipées des médecins et des infirmières ; elle était à l’époque ministre de l’Éducation, pas de la Santé.
De plus, il faut se souvenir que si ce catastrophique programme de départs volontaires fut si largement offert, c’est à la demande expresse des associations de médecins et d’infirmières. Les médecins, notamment, préféraient de loin les mises à la retraite à la baisse de leurs honoraires.
À l’Éducation, Mme Marois présida bel et bien à une réduction des admissions en sciences infirmières et au maintien de contingentements particulièrement bas en médecine. Toutefois, il faut tenir compte du contexte. La diminution des admissions en médecine avait été amorcée par le gouvernement précédent. Un gouvernement libéral !
Au début des années 90, au Québec comme ailleurs au Canada, on s’inquiétait non de la pénurie, mais du surplus de médecins. Les gouvernements provinciaux réagirent tous de la même manière : en diminuant le nombre d’étudiants. Quant aux infirmières, c’est leur corporation professionnelle qui, prévoyant « un surplus unique dans son ampleur », suggéra à Mme Marois en 1996 d’imposer un moratoire sur la formation collégiale.


Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, a déclaré la semaine dernière que « tous les problèmes de la réforme scolaire sont entièrement l’oeuvre de Mme Marois ». C’est un peu gros. Mme Marois a en effet lancé ladite réforme. Elle ne l’a pas sortie d’un chapeau, mais des États généraux de l’éducation. Sa proposition fut d’ailleurs partout bien accueillie : il s’agissait de renforcer l’enseignement des matières de base. C’est ensuite que la chose a dérapé, aux mains des pédagogues du ministère de l’Éducation. Mme Marois n’a pas su maîtriser leurs élans socioconstructivistes, c’est vrai. Mais les libéraux Pierre Reid et Jean-Marc Fournier n’ont pas fait mieux.

Contrairement aux assertions de MM. Charest et Dumont, dans chaque portefeuille dont elle a eu la charge, la nouvelle chef péquiste a laissé le souvenir d’une ministre dévouée, consciencieuse et consensuelle.
Plutôt que de s’en prendre aussi abusivement à son bilan, libéraux et adéquistes devraient parler du présent et de l’avenir. Surtout qu’en ce qui a trait à la gestion des affaires publiques, le PLQ n’a de leçons à donner à personne. L’ADQ encore moins, elle dont le programme en matière d’éducation et de santé reste aussi squelettique que simpliste.»

André Pratte via le site de Vigile.net

Conclusion
Maintenant que le Parti Québécois reprend de la vigueur, surveillez le manège des journalistes de Gesca, ils vont taper à tour de bras sur la tête du PQ, beaucoup moins sur l’ADQ pour maintenir le PLQ au pouvoir.

2 commentaire (s) avec ou 100 faute:

Renart L'éveillé a dit…

C'est quand même habile comme manière de ne pas paraître partisan...

lutopium a dit…

Excellente mise au point. Si on pouvait avoir le temps et les énergies nécessaires pour monter un dossier là-dessus et exiger que Power Corp. se départisse de Gesca. Un conflit d'intérêt n'attend pas l'autre. Comme tu le soulignes bien, La Presse sera toujours favorable au Parti Libéral et le Parti Libéral sera toujours favorable aux ambitions de Power Corp. Dans un premier temps, j'espère que Yves Michaud aura gain de cause en exigeant Power Corp à divulguer les résultats financiers de Gesca. Car, comme M. Michaud le soupçonne, il est probable que les journaux de l'empire de la famile Desmarais soient déficitaires. Comment pourraient-ils expliquer alors qu'un des plus importants holdings financiers au monde insiste pour conserver des journaux qui ne font pas de profits? Je vous laisse deviner...